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Catégorie : Notes de lecture Vie et Sciences de l'Entreprise 205

L’auteur analyse les concepts, les formes, les origines et les effets de la pauvreté dans le monde. Il montre que la notion de pauvreté est polysémique. Elle est de nature matérielle (la faim, la gêne, la précarité…) et immatérielle (l’injustice, l’humiliation, la frustration…). Elle diffère essentiellement selon les cultures. Les modes de gouvernance des Etats appliquent des modèles différents de lutte contre la pauvreté, les injustices et les inégalités économiques et sociales, mais ces trois fléaux existent dans tous les pays quel que soit leur niveau de développement. Le système confucéen et le système capitaliste anglo-saxon privilégient la croissance au détriment de l’égalité. La première repose sur des éthiques du travail, de la tradition et de la hiérarchie sociale, tandis que le second s’appuie également sur le travail mais favorise une démocratie basée sur le « ruissellement » des richesses (la philanthropie). Le capitalisme social observable en Europe et dans certaines économies émergentes, s’efforcent de concilier difficilement élévation et égalisation des niveaux de vie. Les régimes « kleptocratiques » (ou ploutocratiques) cumulent pauvreté, injustices et inégalités. L’auteur perçoit dans l’économie du partage (solidaire ou collaborative) qui émerge grâce à internet et aux réseaux sociaux, une forme prometteuse de création de valeur et de vie sociale. Il rappelle que cette organisation du travail a été initiée par les pays pauvres. Elle repose sur la mise en commun des ressources et / ou de débouchés, ainsi que sur des innovations frugales. L’ouvrage est enrichi de nombreuses citations et anecdotes. Il est curieusement écrit à la première personne. Il délivre un message utile à la fois aux gouvernants et aux gouvernés riches et pauvres.

L’auteur est professeur d’économie à l’Université d’Aix La Chapelle.