Reprenant le thème du forum de l’énergie de Novembre 2016, avec ce titre provocateur et quelque peu suranné, ce collectif dirigé par les économistes Jean-Marie CHEVALIER et Patrice Geoffron rassemblent les contributions des plus éminents experts et économistes spécialisés dans ce domaine, face à la montée des risques liée au réchauffement climatique. Gérard Mestrallet et Isabelle Kocher rappellent dans leur avant-propos que les décisions politiques et stratégiques, dans le secteur de l’énergie, se prennent toujours dans un contexte de violence et d’incertitude qui ne faiblit pas, ce qui en constitue l’un des grands défis pour leur durabilité. Les auteurs restent toutefois optimistes car pour eux : « …la COP 21 de Paris en 2015 a permis de faire émerger une mobilisation intense qui va bien au-delà des gouvernements pour toucher l’ensemble de la société civile… ». Au total le système énergétique mondial est entré dans une nouvelle ère. Il reste confronté au chaos des cours du baril depuis 2014, l’élection de Donald Trump et l’introuvable politique européenne…… ce qui montre que le chemin à parcourir reste très long et soumis à des turbulences multiples. Dans ce contexte tendu, les fortes tensions entre les Etats, les Etats et les Entreprises, peuvent laisser craindre de nouvelles dérives et d’affrontements qui pourraient prendre la forme de véritables guerres énergétiques. Les auteurs s’attachent à travers leurs analyses croisées à avancer des propositions qui puissent dessiner les contours d’un nouveau monde énergétique susceptible d’épargner au monde ces fatales extrémités. Dans l’arrière-plan de cette nouvelle architecture climatique, visant à l’apaisement, se dessinent des solutions qui permettent d’espérer contenir les effets du réchauffement climatique à un niveau acceptable. Reste que les évolutions géo politiques, avec une Chine qui vise à acquérir un leadership sur certaines technologies bas carbone, et à faire des filières renouvelables un axe de redéfinition de son modèle productif et d’un autre côté la tentation de repli sur ces énergies fossiles par le modèle américain, constituent autant de menaces pour les équilibres mondiaux. Les optimistes pourront de leur côté voir dans cette confrontation une opportunité pour une reprise d’influence de l’Europe. L’histoire énergétique s’est écrite à rebours des craintes et intuitions des années 1980 : au lieu d’avoir à gérer la rareté des énergies fossiles, il s’agit d’en affronter la profusion durant le XXIème siècle…Ce changement de paradigme est à rapprocher de deux autres considérations, d’une part les pays les plus dynamiques (Chine, Inde) créent de la richesse selon la même logique énergétique que les premiers pays émergents au XIXème siècle : en recourant massivement au charbon…..et de l’autre, se rappeler que 70 % des investissements effectués pour limiter le changement climatique, proviennent toujours du secteur privé…Plus que jamais c’est aux pouvoirs publics qu’il appartient de mettre en place le cadre nécessaire pour faire que les actions de l’ensemble des acteurs deviennent un vrai succès. Telles sont les batailles qui devront être gagnées dans les années à venir.